En 2024, 12,4 % des ménages belges sont en situation de précarité hydrique, selon le nouveau baromètre de la Fondation Roi Baudouin. Derrière cette moyenne se cachent de fortes disparités régionales et sociales. Le rapport rappelle aussi que les dispositifs prévus en cas de difficultés de paiement diffèrent sensiblement selon la Région.

Une facture qui pèse surtout sur les ménages aux revenus modestes

La précarité hydrique, c'est une situation dans laquelle un ménage n'a pas d'eau en quantité ou en qualité suffisante pour couvrir ses besoins de base.
Cela peut être provoqué notamment en raison de revenus trop faibles, d'une facture trop élevée ou d'un logement de mauvaise qualité.

Selon l'indicateur retenu par la Fondation Roi Baudouin, 12,4 % des ménages étaient concernés en 2024.
La proportion atteint :

  • 23,2 % à Bruxelles ;
  • 15,6 % en Wallonie ;
  • 8,5 % en Flandre.

Les ménages les plus modestes sont particulièrement exposés (60,1 %).

Mais le phénomène concerne aussi 17,3 % des ménages de la classe moyenne basse.

Les locataires sont eux aussi davantage touchés : 23,1 % sont en situation de précarité hydrique, contre 6,8 % des propriétaires.

Les familles monoparentales (20,4 %) et les personnes isolées (17,9 %) figurent également parmi les ménages les plus vulnérables.

Facture impayée : des protections différentes selon la Région

Face aux difficultés de paiement, les droits et mécanismes d'aide ne sont pas identiques partout.

En Wallonie et à Bruxelles, des Fonds sociaux de l'eau ont été mis en place.
En Wallonie, environ 7 600 ménages ont reçu en 2024 une aide pour payer leur facture, par l'intermédiaire des CPAS.

Les conséquences d'un impayé diffèrent également.

À Bruxelles, les coupures d'eau pour défaut de paiement des usagers domestiques sont interdites depuis 2020.
En Flandre, le baromètre comptabilise en revanche 884 coupures en 2024, tandis que 1 915 limiteurs de débit étaient actifs.
En Wallonie, 94 coupures ont été recensées la même année, et le recours aux limiteurs de débit est devenu beaucoup plus rare.

Une facture à surveiller en cas de fuite

Le rapport rappelle enfin l'existence de mécanismes permettant d'atténuer le coût d'une consommation anormalement élevée liée à une fuite.
Bruxelles et la Wallonie prévoient des “tarifs fuite”, à certaines conditions, tandis que la Flandre a une procédure de règlement à l'amiable.

Un enjeu d'autant plus important que le prix de l'eau est en constante hausse.

Entre 2010 et 2024, son prix moyen a augmenté de plus de 55 % en Belgique, contre environ 42 % pour l'indice des prix à la consommation, selon les données reprises par le baromètre.

Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International (CC BY-NC-ND 4.0) Pour en savoir plus sur les Creative commons cliquez sur l’image

Ce contenu pourrait également vous plaire